PRATIQUER UN ART MARTIAL
(C'est peut-être aller trop loin ?)
La photo ci-dessus représente l'entrée du Chateau de Shuri à Okinawa.
Les 5 maîtres de Karaté Okinawaien sont : (de gauche à droite)
- Maître Gichin Funakoshi - Maître Kenwa Mabuni - Maître Chotoku Kyan
- Maître Choshin Chibana - Maître Choki Motobu
° Pratiquer un Art Martial n'est pas une mince affaire. Il est très facile de s'approprier ce terme et de l'utiliser pour qualifier une pratique.
Pratiquer un Art , c'est se consacrer à temps plein à la pratique, quotidiennement, et aussi étudier et s'enrichir de multiples connaissances "culturelles, philosophiques, médicales, techniques" afin d'atteindre le développement global de l'individu.
Ce développement global comprend :
- Le corps externe ( souplesse , flexibilité , endurcissement , force ).
- Le corps interne ( énergie , santé par l'hygiène de vie ).
- L'esprit ( l'intellect , le raisonnement , le savoir ).
- L'âme ( le cœur , la résonance , la vibration , l'intuition , la perspicacité ).
A partir de ce constat, on comprend que la pratique de l'art est réservé à ceux qui décident de consacrer leur vie à cette pratique.
Il est donc malvenu de qualifier sa pratique d'art martial, si elle se limite à
2 entraînements/semaine
° Le terme approprié serait : Pratiquer une Voie
" Le DO " en Japonais. " Le TAO " en Chinois.
Son but est basé sur l'équilibre et l'action juste.
(savoir équilibrer ses désirs et ses besoins, faire la paix en soi et autour de soi).
Mais le terme "Voie" est même trop fort, pour certaines pratiques, alors disons :
" Pratiquer une discipline "
° C'est plus adapté à la pratique actuelle °
Ceci dit, en Occident, la pratique peut prendre des formes très variées :
° Pratiquer pour : - garder la forme - l’auto-défense - le plaisir - la compétition
- le renforcement du caractère - la recherche spirituelle
A condition de trouver le bon guide !! Bon courage !!.
LE SALUT " L'O JIGI "
Une séance d'entraînement au Karaté débute et se termine toujours par le SALUT.
* Le salut à genoux "Zarei" face au Kamiza
( ou Shomen ) désigne :
- la mémoire aux ancêtres qui ont transmis la voie du Karaté.
- l'hommage aux anciens disparus, les fondateurs, les transmetteurs, les O Senseï.
* Le salut debout "Ritsurei" face à un partenaire d'entraînement désigne :
- je ne me considère pas supérieur à lui, je lui montre mon profond respect et ma gratitude.
- Incliné légèrement son buste et sa tête vers l'avant exprime sa position et / ou l'intensité de ses sentiments.
L'idéogramme : REI
Salut
(courtoisie - étiquette)
La politesse n'est que l'expression de l'intérêt sincère et authentique porté à autrui.
Quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d'attitudes pleines de respect et de sollicitude.
Le cérémonial et l'étiquette font partie de l'extériorisation de la politesse.
La position à genoux
"dite : Seiza"
dans la culture Japonaise
La façon qu'ont les Japonais de s'asseoir en posture correcte, appelée Seiza, n'amène rien d'autre qu'une sensation de contrainte à la plupart des Occidentaux.
Pour les Japonais, par contre, cette position assise traditionnelle apporte une sensation de paix de l'esprit.
S'asseoir avec les genoux repliés produit une sensation d'immobilité complète.
Elle arrête toute intention de l'esprit qui conduirait à un mouvement. Il est donc très difficile d'exécuter des mouvements soudains en partant de cette position.
L'assise en Seiza oblige la personne à se mettre dans un état de réceptivité complète, et c'est dans cette position que les Japonais écrivaient, jouaient de la musique, mangeaient.
Le Seiza permet de réduire à néant toute conscience du muscle, car le muscle est le reflet de l’excès d'intention de l'être humain.
Les anciens ont adoptés cette méthode afin d'amener l'harmonie à l'intérieur du corps, en faisant appel à la sensation que l'on a de sa structure osseuse et à chercher une sensation d'équilibre entre les genoux pliés, la colonne vertébrale, le pelvis, les hanches, les chevilles.
Photo ci-contre :
Morio Higaonna Sensei, 10ème Dan de Karaté Goju Ryu d'Okinawa.
Dans son Dojo privé au centre de NAHA (Okinawa)
LE MOKUSO
Cette phase qui se déroule en début et fin de cours, avant le salut, à genoux, dans le silence, est forte en émotion et sentiment.
C'est le moment d'avoir une "pensée" pour les "O Senseï" disparus, les ancêtres de la "Voie".
Les yeux mi-fermés, le ventre tendue vers l'avant, "tendue mais pas raide", le tronc a une assise ferme, les mains sur les cuisses, le poids de la tête et du buste dirigé vers
le bassin (la terre), la respiration est centrée sur le ventre.
Le " Mokusō " peut durer de 20 à 30 secondes, ou plus, selon les pratiques.
L'expression OSS dans le monde du Karaté !!..
A propos d’Os…Oosss……Ousss..
* Ce mot est très mal vu et très mal considéré par la majorité des Japonais et des Okinawaiens.
* C'est le non-respect d'autrui, utiliser cette expression est très choquant pour un Japonais.
° Si certains occidentaux dans le milieu du Karaté en use et en abuse très souvent,
à gorges déployées d'ailleurs, c'est très souvent par aveuglement , par mimétisme, et surtout par ignorance de la véritable culture Japonaise.
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- Dans beaucoup de dojo, cette expression est utilisée lors du salut, ou à la fin d’une explication et démonstration d’une technique par le professeur.
- L’expression de ce Oss est parfois faite de vive voie et bruyante.
- On dit que Oss exprime un merci, un accord, le respect d’autrui. C'est faux...
°Dans un souci de vérité, et de connaissance de la véritable culture des Okinawaiens et aussi des Japonais, je vous propose le texte écrit par Kenji Tokitsu en novembre 1993, et publié dans les cahiers de l’académie AEKAEMEO n°1.
- “Oss” ! est un mot qu’on entend souvent parmi les karatékas. On considère qu’il s’agit d’un mot de salut spécifique au budo. Il s’agit là d’un malentendu qui mérite une rectification.
En japonais il se prononce “osu” ce qui est une abréviation de quelques mots commençant par “o” et se terminant par “su”, par exemple “ohayôgozaimasu” qui signifie bon-matin selon une expression polie.
En prononçant “oss”,vous enserrez entre le o et s, différentes nuances de la
situation sans qu’elles soient exprimées, car votre interlocuteur est censé les deviner.
Pour les japonais qui acceptent l’usage de ce mot, c’est accepter de communiquer à demi mot et le garant d’une certaine liaison affective. C’est pourquoi ce mot est utilisé dans les “milieux” des sportifs, des bandes, des voyous, des mafias.
Mais ce mot est considéré comme vulgaire, car l’abréviation d’une expression de politesse ne peut pas être polie, et ce mot laisse une impression de négligence et de paresse qui détourne la nuance de politesse.
Dans un dojo classique de tir à l’arc ou de kenjutsu, si vous saluez en disant “oss”, il n’est pas impossible que vous soyez refusé. Si vous êtes accepté, ce sera vraisemblablement en raison de votre statut d’étranger.
Il convient de comprendre que “oss” n’est ni un terme de budo, ni une expression correcte.
En dehors du budo, face à un japonais cultivé, si vous saluez par “oss”, il sera surpris.
S’il ne le manifeste pas, c’est par politesse ou qu’il considère que vous connaissez par hasard un mot de japonais vulgaire.
- Pourquoi alors utilise-t-on si souvent ce salut en karaté ?
L’histoire du karaté est récente, et après la 2 ème guerre mondiale, certains groupes de karatéka étaient proches du milieu des voyous.
Parmi les disciplines du budo, le karaté a été pendant longtemps le plus mal considérée.
Ceci est un fait que nous ne pouvons pas nier.
Notre devoir n’est-il pas de rectifier un malentendu et de tenter de hausser véritablement la qualité de la pratique du karaté ?
Je pense donc qu’il n’y a aucune raison pour que les karatéka français, pas plus que les japonais, continuent d’utiliser “oss”, signe d’une marginalité peu honorable.
Kenji Tokitsu les cahiers de l’académie Aekaemeo “novembre 1993”.